Jean-Jacques Wondo Omanyundu
GÉOPOLITIQUE | 08-06-2013 09:14
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50 ans de l’Union africaine : quels enjeux? – Dossier IRIS

Auteur : Jean-Jacques Wondo Omanyundu

50 ans de l’Union africaine : quels enjeux?

27 mai 2013

Le point de vue de Patrick Ferras, Directeur de l’Observatoire de la Corne de l’Afrique, intervenant au sein d’IRIS Sup’

François Hollande et Laurent Fabius se sont rendus ce week-end au sommet du 50e anniversaire de l’Union africaine. En quoi leur présence était-elle importante pour la politique africaine de la France ?

François Hollande a été le seul occidental à prendre la parole le 25 mai devant les leaders africains. Cette place d’honneur est liée, bien sûr, au rôle majeur et moteur que la France a joué au Mali. C’est une reconnaissance africaine de la capacité française à s’engager et de sa puissance militaire. L’événement est important. La France a montré qu’une Nation qui compte dans le monde doit pouvoir se dégager de l’immobilisme d’une structure lourde et frileuse (Union européenne) en matière de défense et de politique étrangère. Je ne pense pas qu’il existe une politique africaine de la France. Elle serait d’autant plus difficile à rédiger que l’Union africaine compte, ne l’oublions pas, 54 membres. En revanche, la France, par ses liens économiques, historiques et culturels, prend ses responsabilités en Afrique.

L’organisation régionale africaine travaille sur sa stratégie à long terme, avec notamment un plan à horizon 2063. Quels en sont les principaux objectifs et à quels défis les pays africains doivent-ils faire face principalement ?

2063 correspondra aux cent ans de l’OUA/UA. C’est une date de référence symbolique avec, bien sûr, son lot de vœux, d’ambitions. L’Afrique a un potentiel économique important qui devrait lui permettre d’accélérer son développement mais elle doit régler des problèmes urgents qui sont, selon moi, au nombre de trois :
- Le manque d’unité et de leadership du continent africain. L’Union africaine, les Communautés économiques régionales, les Etats jouent le niveau qui les intéressent et parfois plusieurs à la fois.
- Le continent est loin d’être stabilisé. 75 % des troupes de maintien de la paix des Nations unies sont déployées en Afrique. Cette situation freine le développement du continent.
- Le manque de moyens financiers. 45 % du budget de l’Union africaine est supporté par les Africains. Le reste est lié aux contributions d’acteurs extérieurs. Ces problèmes sont des défis de fond qui demandent du temps, une implication des Etats et sûrement une réflexion sur les structures actuelles de l’Union africaine.

Le premier ministre éthiopien a annoncé, il y a un peu plus d’un mois, vouloir retirer ses troupes « dès que possible » de Somalie. Il avait notamment indiqué attendre un déploiement plus rapide des forces de l’Union Africaine sur le terrain pour prendre le relais. Quelle est la situation actuelle ? Le sommet a-t-il pu faire avancer cette problématique ?

Comme pour l’intervention en Somalie en 2006-2009, les Forces de défense nationale éthiopiennes n’ont pas vocation à rester indéfiniment mais à être remplacées par des forces africaines (AMISOM). Le Premier ministre éthiopien et Président en fonction de l’Union africaine a fait le choix de ne pas intégrer le contingent national au sein de l’AMISOM comme l’a fait le Kenya. Il est tout à fait logique qu’il retire ses troupes de Somalie. Il faut néanmoins souligner les contributions fondamentales de l’armée éthiopienne (et kenyane) dans la lutte contre les Shebaab. Elles ont permis à la force africaine de commencer à remplir sa mission en dehors de Mogadiscio. Afin de ne pas perdre les avantages acquis sur le terrain, l’armée éthiopienne va se retirer progressivement mais restera vigilante sur ses frontières avec la Somalie. Elle n’hésitera pas à intervenir à nouveau si elle estimait que ses intérêts nationaux étaient menacés.

http://www.affaires-strategiques.info/spip.php?article8197

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