DROIT & JUSTICE | 18-08-2025 13:15
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RDC: Jean-Jacques Wondo témoigne de ses conditions de détention devant le Parlement européen

Auteur : RFI Initialement publié dans www.rfi.fr
L'expert militaire belgo-congolais Jean-Jacques Wondo à son arrivée à Bruxelles, le 5 février 2025. © HATIM KAGHAT / AFP

L’expert belgo-congolais en questions sécuritaires, Jean-Jacques Wondo, a dénoncé les conditions de sa détention en RDC, qu’il qualifie d’inhumaines, devant le Parlement européen à Bruxelles, ce mercredi 25 juin 2025. Condamné à mort en septembre 2024 pour sa prétendue implication dans la tentative de coup d’État du 19 mai, il a passé huit mois et demi en prison avant d’être libéré le 4 février 2025.

« Personne ne peut prétendre connaître vraiment une nation, à moins d’avoir vu l’intérieur de ses prisons. » C’est par cette citation de Nelson Mandela que Jean-Jacques Wondo a entamé, ce mardi, son témoignage devant le Parlement européen, à Bruxelles. L’expert belgo-congolais en questions sécuritaires affirme avoir « vu la mort de près », durant ses huit mois et demi de détention en RDC.

Il rapporte les propos qu’il qualifie de glaçants d’un agent de renseignements militaires : « Ce sont des opposants en moins au président Tshisekedi. » Jean-Claude Wondo décrit les conditions de détention dans des cellules souterraines, mal aérées, surnommées « Sommibord » ou encore « Guantanamo survivor », réservées, selon lui, à ceux capables de survivre à l’insupportable.

Il évoque aussi le décès du colonel Musukusuku, en juin 2024. Un décès qu’il attribue à un manque volontaire de soins, alors que l’état de santé de l’officier était alarmant.

Transféré ensuite à la prison militaire de Ndolo, il décrit une situation de surpopulation extrême : 2 422 détenus pour une capacité maximale de 500. Lui-même dit avoir été entassé avec 210 autres personnes dans un espace prévu pour 50 détenus.

Il y a côtoyé un autre officier de haut rang : le lieutenant-général en retraite Sikatenda Shabani, décédé en juin 2025, lui aussi, selon Jean-Jacques Wondo, privé de soins médicaux.

Jean-Jacques Wondo, ancien agent pénitentiaire et aujourd’hui cadre à l’Administration générale des maisons de justice en Belgique, appelle à une réforme en profondeur de la justice militaire congolaise. Il conclut par cette phrase : « Tant que la justice militaire en RDC sera instrumentalisée à des fins politiques, la démocratie ne sera qu’une façade et l’État de droit, une illusion. »

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