DÉFENSE & SÉCURITÉ GLOBALE | 10-04-2026 12:25
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Entre Kinshasa, Kigali ou Gitega : Qui est responsable des atrocités contre les Banyamulenge ?

Auteur : Delphin RUKUMBUZI NTANYOMA & Jean-Jacques WONDO OMANYUNDU
Note : les femmes Banyamulenge protestant contre l’insécurité à Minembwe en juin 2021 (Credit : Fiston)
Auteurs : Delphin RUKUMBUZI NTANYOMA & Jean-Jacques WONDO OMANYUNDU

Depuis plusieurs décennies, les populations civiles et les communautés à l’est de la République Démocratique du Congo (RDC) sont confrontées à de multiples défis, y-compris l’insécurité et le manque de protection étatique alors que les groupes armés prolifèrent et se multiplient sous prétexte de les protéger. Les membres de la communauté Banyamulenge, principalement résidant dans les hauts plateaux de Fizi, Mwenga et Uvira au Sud-Kivu, sont actuellement victimes de vagues d’atrocités, largement liées au fait qu’ils sont considérés par une grande frange de l’opinion publique congolaise comme des Congolais non-natifs, c’est-à-dire des étrangers rwandais, comparativement aux Congolais de souche.

Cette catégorisation incorrecte, douteuse et contestable, comme le souligne le sociologue Simon Tuzolana dans son ouvrage « Nationalité congolaise et confusion historique en RDC – Tribus, listes coloniales et le cas des Tutsis/Banyamulenge », résulte d’une grille de lecture administrative élaborée par le pouvoir colonial belge pour gouverner et contrôler un territoire vaste et complexe, dont il ne maîtrisait ni les dynamiques sociales ni les subtilités culturelles[1]. Selon cet auteur, beaucoup de débats actuels sur la citoyenneté, l’autochtonie et le droit à la nationalité proviennent directement de cette confusion persistante entre reconnaissance administrative coloniale et réalité historique véritable. L’une des grandes sources de malentendus actuels réside précisément dans la confusion entre plusieurs notions distinctes – tribu[2], ethnie[3], groupe social[4] – qui sont souvent utilisés émotionnellement de manière figée dans le débat public, alors qu’elles renvoient à des réalités différentes.

Faisant allusion aux violences engendrées par des conflits à caractère ethnique dans l’est de la RDC, Gillian Mathys, dans Fractured Pasts in Lake Kivu’s Borderlands: Conflicts, Connections and Mobility in Central Africa (Cambridge University Press, 2025), propose une relecture critique des récits et des catégories dominants produits par les discours coloniaux et postcoloniaux sur l’est de la RDC. Elle montre comment ces discours ont fabriqué des identités ethniques et territoriales, souvent reprises et réinterprétées par les acteurs locaux. Elle déconstruit les explications simplificatrices : violence endémique, rivalités ethniques, convoitise des ressources, en adoptant une approche généalogique et interdisciplinaire, à la croisée de l’histoire, de l’anthropologie et des études transfrontalières et migratoires.

Concernant les Banyamulenge, parfois considérés comme des « envahisseurs », cela fait une particularité des violences qui affectent cette communauté. Depuis plusieurs années, les populations Banyamulenge ont fait l’objet de massacres, déplacements forcés, pillages de leurs biens au travers la RDC et au Burundi (2004). Leur situation sécuritaire actuelle est caractérisée par d’attaques militaires, de blocus humanitaire et destruction systématique des moyens de subsistance, y-compris le pillage de vaches. Cette situation s’est dramatiquement détériorée à partir des années 2017 à nos jours et les pays de la région des Grands Lacs d’Afrique se rejettent la responsabilité.

La présente analyse vise à éclairer l’opinion sur les rôles respectifs de Kinshasa, Kigali et Gitega[5], dans un conflit devenu à la fois local, national et régional mais qui, largement, se joue au détriment des populations civiles Banyamulenge. Alors que ces trois pays se renvoient mutuellement la responsabilité de la crise, les membres de la communauté banyamulenge — souvent instrumentalisés — se retrouvent divisés et s’alignent derrière ces différentes lectures dominantes. Certains adoptent la rhétorique portée par le régime rwandais, perçu comme un « ange » évoluant dans une jungle hostile, tandis que d’autres se rangent derrière les discours des autorités de la RDC et du Burundi, qu’ils considèrent comme un rempart face aux manœuvres bellicistes du Rwanda.

1.    Kinshasa, Kigali et Gitega s’accusent mutuellement

Tout observateur qui suit de près la situation a l’Est de la RDC se rappellera que vers 2022, le ministre des Affaires Etrangères du Rwanda, Olivier Nduhungirehe s’est fait remarquer en appelant la protection de Banyamulenge et de Tutsi Congolais. Le Représentant du Rwanda auprès des Nations Unies (NU), Martin Ngoga a, en décembre 2025, fait référence aux atrocités commises contre le Banyamulenge depuis 2017. Le Rwanda accuse souvent la RDC mais aussi le Burundi. Ces déclarations sont à situer dans un contexte où le Rwanda et la RDC avaient rompu leurs relations à la suite de la résurgence de la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23).

Pendant sa visite au Canada en février 2026, le ministre de la Communication de la RDC, Patrick Muyaya a rappelé le rôle des rebelles Burundais dont le Red-Tabara, dans la destruction qui a eu lieu au Sud-Kivu. D’une manière ouverte, Muyaya a évoqué la responsabilité du Rwanda qui a soutenu le Red-Tabara, alors que cette rébellion burundaise avait largement contribué dans la destruction des villages et bétails Banyamulenge. Au début du mois d’avril 2026, Patrick Muyaya et Jean Jacques Purusi, le Gouverneur du Sud-Kivu (côté gouvernement) ont accusé le Rwanda de mener des attaques contre des civiles Banyamulenge et leurs bétails à Minembwe en vue de justifier leur présence (voir précisément à partir de la 7e minute).

Au même moment, la présence au Sud-Kivu des bataillons des Forces de Défense Nationale du Burundi (FDNB), l’armée burundaise, fait aussi débat dans les atrocités commises contre les Banyamulenge. Opérant dans le cadre d’une coopération bilatérale entre la RDC et le Burundi, ce dernier a déployé des unités et de milliers de militaires dans les zones des Hauts Plateaux de Fizi, Mwenga et Uvira. Les unités FDNB, opérant étroitement aux côtés des FARDC et des anciennes milices Mai-Mai, connus actuellement sous l’appellation de Wazalendos (patriotes en swahili), ont été d’une manière ou d’une autre très actives dans les attaques et atrocités qui visent les civiles Banyamulenge. En octobre 2025, le porte-parole de l’armée Burundaise, le General Gaspard Baratuza a publiquement reconnu que les FDNB sont impliqués dans le blocus humanitaire impose aux populations Banyamulenge à Minembwe avec intention de contraindre les civiles de se dissocier des combattants ayant de liens avec la rébellion du M23 soutenu par le Rwanda.

2.    Kinshasa : Responsabilité de l’État congolais

La première responsabilité de protéger les populations civiles sur le territoire Congolais et le Banyamulenge en particulier incombe au gouvernement de la RDC et à son armée. C’est incontestable que cette responsabilité incombe à Kinshasa. Malgré l’ampleur des violences dans toute la région de l’est de la RDC et du Sud-Kivu, l’Etat congolais et les FARDC ont largement failli dans leurs missions régaliennes de protéger le Banyamulenge.

Il a été établi que depuis l’année 2017 jusqu’à présent, des unités des FARDC ont parfois agi comme observateurs passifs lors d’attaques contre les civils. Cela s’est avéré plus dramatique quand des civiles Banyamulenge étaient attaquées durant la période de contestations de la commune rurale de Minembwe, par exemple. Des sources bien informées ont soutenu que des unités FARDC, déployées dans la région, ont créé des corridors, laissant libre passage aux combattants lors d’attaques qui ont tué des civiles, détruit les villages et conduit aux pillages de bétail.[6]

À titre illustratif, plusieurs épisodes de violences ont été documentés dans la collectivité d’Itombwe. Des personnes ont été tuées, des villages incendiés et du bétail pillé, alors même qu’une dizaine d’unités des FARDC déployées sur place n’est intervenue ni pour empêcher les groupes armés de lancer leurs attaques, ni pour protéger les civils face à une menace pourtant prévisible. Au total, une soixantaine de villages ont été détruits sous le regard complaisant — voire passif — des forces régulières.

Des situations similaires ont été observées dans d’autres zones du Sud-Kivu. En territoire d’Uvira, notamment dans le groupement de Bijombo (territoire d’Uvira) ; en territoire de Fizi, autour de Kamombo ; ainsi qu’à Minembwe, où les populations civiles ont également subi des attaques répétées sans intervention effective des FARDC.[7]

Bien que cette collaboration citée-haut ait apparemment été perçue comme indirecte, dans certaines situations, les unités FARDC ont été accusées d’avoir fourni des armes, des munitions et du soutien logistique à des milices locales attaquant le Banyamulenge.[8] Ceci a été quelque fois documenté par des sources locales mais aussi par Kivu Security Tracker.[9] Avec leurs bétails, des civils se sont vus tirés dessus par des militaires FARDC alors qu’ils recherchaient la protection. Par la suite, leurs vaches ont été pillées par les miliciens, ne sachant plus qui entre les FARDC ou MaiMai ont pillé les vaches. L’État congolais porte également une responsabilité politique de n’avoir pas contenu les rebelles Burundais, notamment le Red-Tabara, comme expliqué dans la section suivante.

2.1 Tshisekedi ou Kabila ?

Les violences de 2017 se sont inscrites dans un contexte local, national et régional particulièrement tendu. Elles ont été alimentées, d’une part, par la crise politique en RDC liée au report des élections prévues en 2016, et d’autre part, par les contestations entourant le troisième mandat du feu président Pierre Nkurunziza au Burundi. En 2019, à la suite d’élections elles-mêmes contestées, Félix Tshisekedi succède au président Joseph Kabila. Aujourd’hui encore, au sein de la RDC, certains acteurs préfèrent attribuer la responsabilité de la situation sécuritaire à Joseph Kabila et dédouaner Félix Tshisekedi, arguant que ce dernier aurait simplement hérité d’un passif lourd laissé par son prédécesseur.

Et cela, indépendamment de ses responsabilités politiques en tant que commandant suprême des FARDC et chef de l’État, alors même qu’il est informé de cette situation dramatique depuis 2019. Entre 2019 et la fin de l’année 2021, fragilisé par une crise de légitimité, le président Tshisekedi a privilégié le renforcement de son pouvoir interne en recherchant des alliances avec les groupes ethniques majoritaires du Sud‑Kivu. On se souvient notamment des discours incendiaires de certaines figures politiques, telles que Justin Bitakwira ou Gabriel Mokia, qui ont contribué à alimenter la stigmatisation et les discours de haine visant les Banyamulenge, tous se revendiquant proches du président Tshisekedi.[10] C’est d’ailleurs durant cette période que Kigali et Kinshasa entretenaient des relations particulièrement harmonieuses, souvent qualifiées de « lune de miel ».

Au même moment, parmi ceux qui soutiennent les rebelles du M23 et le Rwanda, une tendance forte consiste à refuser catégoriquement que les atrocités commises avant l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi soient évoquées. Les rebelles eux‑mêmes, ainsi qu’une partie des membres de la communauté banyamulenge proches de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), font de moins en moins référence au rôle des groupes armés burundais et cherchent, au contraire, à imposer l’idée que Tshisekedi serait l’unique responsable de l’ensemble des violences subies

2.2 Responsabilité FARDC

Il est aujourd’hui admis que le rôle des FARDC est déterminant dans le drame que subissent les populations banyamulenge. Si la responsabilité individuelle relève du domaine juridique, des interrogations persistent quant à la volonté du régime Tshisekedi de faire toute la lumière sur ces atrocités, y compris sur les responsabilités personnelles des commandants impliqués. Deux éléments majeurs se dégagent actuellement et méritent une attention particulière.

Premièrement, malgré la collaboration étroite avec l’armée burundaise, le régime Tshisekedi n’a entrepris aucune démarche sérieuse pour comprendre le fonctionnement interne des groupes rebelles burundais ni la nature de leurs alliances avec les combattants Maï‑Maï. Cette absence d’investigation laisse planer des zones d’ombre sur les dynamiques opérationnelles et les complicités locales qui ont contribué à l’ampleur des violences.

Note : les femmes Banyamulenge protestant contre l’insécurité à Minembwe en juin 2021 (Credit : Fiston)

Depuis 2021, contre toute évidence, le régime de Tshisekedi a préféré associer le Red-Tabara, par exemple, au groupe armé Banyamulenge, Twirwaneho. De deux, quelques Généraux et officiers FARDC qui ont été impliqués dans les atrocités commises dans les Hauts Plateaux sont aux arrêts à Kinshasa pour des raisons autres que celles-là.  Certains commentaires sur les médias sociaux essaient de faire croire que l’arrestation du général Akili Muhindo Mundos et probablement celle du général Dieudonné Muhima suffisent pour calmer les esprits de victimes.[11] Toutefois, les motivations réelles de leurs arrestations demeurent floues. Ce qui semble certain, en revanche, c’est qu’ils ne répondront pas des crimes commis dans les Hauts Plateaux de Minembwe.

3.    Kigali : Entre protection et instrumentalisation

Depuis 1996, le Rwanda est également accusé d’avoir joué un rôle ambigu et complexe dans la dynamique de violence visant les Banyamulenge. D’un côté, Kigali affirme être intervenu pour protéger les populations tutsies, y compris les Banyamulenge. De l’autre, au fil du temps, il est apparu que le Rwanda utilise de manière récurrente la discrimination et la persécution des Tutsis et des Banyamulenge comme alibi — voire comme casus belli — pour justifier ses interventions militaires en RDC.

Plusieurs rébellions soutenues par le Rwanda en territoire congolais n’ont pas apporté de solutions durables. Au contraire, elles ont souvent contribué à amplifier les tensions locales et régionales. À certains égards, Kigali a pris des décisions qui semblent avoir fragilisé ces communautés, y compris dans leurs propres luttes pour la reconnaissance et la défense de leurs droits fondamentaux.

Contrairement à ce que pense une large partie de l’opinion publique, les relations entre le Rwanda et les Banyamulenge n’ont jamais été aussi simples ni aussi harmonieuses qu’on le prétend souvent. Depuis 1996, plusieurs segments de la communauté banyamulenge se sont opposés à la manière dont les officiers de la Rwanda Defense Forces (RDF) — l’armée rwandaise — cherchaient à exercer leur influence sur eux. Les premières divergences sont apparues dès les débuts de la guerre de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo-Zaïre (AFDL).[12]

Au fil des années, le nombre de Banyamulenge mécontents de cette tutelle n’a cessé de croître, en particulier durant la rébellion du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD-Goma), largement soutenue par Kigali. Le point culminant de ces tensions a été atteint en 2002, lorsque l’Armée Patriotique Rwandaise (devenue aujourd’hui la RDF) s’est affrontée pendant près de six mois à Minembwe avec des officiers et militaires banyamulenge. Cet épisode a marqué l’un des moments les plus graves de rupture entre Kigali et une partie de cette communauté.

L’engagement militaire de plusieurs officiers banyamulenge — notamment les généraux Pacifique Masunzu et Jonas Padiri Muhizi — illustre clairement leur loyauté envers la République démocratique du Congo. Ces officiers ont combattu avec fermeté les rébellions soutenues par le Rwanda, démontrant que l’allégeance des Banyamulenge ne peut être réduite à une simple proximité supposée avec Kigali.

Par la suite, une large frange de l’élite politique et militaire banyamulenge s’est progressivement désolidarisée des insurrections et des rébellions appuyées par le Rwanda. Cette prise de distance s’est notamment manifestée au sein du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda et de Sultani Makenga — tous deux Tutsis originaires de Rutshuru, au Nord‑Kivu — ainsi qu’au sein mouvement du M23 avant sa scission en 2013 entre la faction de Makenga soutenue par l’Ouganda et la faction de Runiga soutenue par le Rwanda.[13]

Pour de nombreux cadres Banyamulenge, ces rébellions ne reflétaient ni leurs aspirations politiques ni leurs intérêts communautaires. Elles étaient perçues comme des instruments de l’agenda régional du Rwanda, plutôt que comme des initiatives visant réellement à protéger ou à promouvoir les droits des Banyamulenge. Cette rupture a marqué un tournant important, révélant que l’adhésion supposée de la communauté Banyamulenge aux mouvements soutenus par Kigali était loin d’être homogène et encore moins automatique ni ethnique.

Entre 2007 et 2017, seule une minorité de l’élite tutsie congolaise continuait de croire en un éventuel secours du Rwanda de Paul Kagame. La majorité s’en était progressivement détachée, déçue par les ambiguïtés de Kigali et par les conséquences des rébellions soutenues dans l’Est de la RDC.

Note : destruction des villages dans les environs de Minembwe-centre. Une soixantaine de villages détruits sous l’œil complaisant et complice des unités FARDC (Crédit : Samugabo)

Vers 2017, sous la présidence de Joseph Kabila, un nouveau contexte de tensions politiques et régionales s’installe. D’un côté, les manœuvres visant à reporter les élections en RDC ; de l’autre, les contestations au Burundi autour du troisième mandat du président Pierre Nkurunziza. C’est dans ce climat que deux groupes rebelles burundais — la Résistance pour un État de Droit (RED‑Tabara) et les Forces Républicaines du Burundi (rebaptisées plus tard Forces Populaires du Burundi, FPB) — s’implantent durablement dans les Hauts Plateaux de Fizi et d’Uvira.

Rapidement, RED‑Tabara prend l’ascendant sur les Forebu, finit par les neutraliser et s’impose comme la force rebelle dominante dans le Sud‑Kivu. Cette présence armée étrangère, combinée aux tensions politiques régionales, a profondément reconfiguré les équilibres locaux et accentué la vulnérabilité des populations civiles, en particulier dans les zones habitées par les Banyamulenge. Des sources concordantes corroborent le fait le Rwanda aurait soutenu ces groupes armés burundais, y-compris principalement le Red-Tabara dans ses rivalités régionales avec le Burundi.

Au début de l’année 2017, le groupe Red-Tabara ainsi que les Forces Nationales de Libération (FNL) ont formé une alliance avec des groupes armés locaux, notamment les Maï-Maï et Biloze Bishambuke, affiliés aux communautés Babembe, Banyindu, Bafuliro et Bavira.

Entre 2017 et 2024, ces milices locales ont constitué les principaux alliés de Red-Tabara. Les violences commises durant cette période, marquées par  la destruction de biens, de villages et les atteintes aux personnes, sont en grande partie attribuées à cette coalition regroupant des acteurs locaux et étrangers. La participation de groupes rebelles burundais a renforcé la perception selon laquelle les services de sécurité rwandais auraient joué un rôle indirect dans les violences subies par les Banyamulenge. Ce contexte s’inscrivait dans une période de tensions, où le Rwanda soupçonnait le général Kayumba Nyamwasa, ancien proche du président Paul Kagame, de chercher à s’allier aux Banyamulenge dans le but de déstabiliser le pouvoir à Kigali.

Dans ce cadre, le soutien présumé aux groupes rebelles burundais s’est accompagné d’un silence notable de la part du Rwanda. En effet, entre 2017 et la mi-2022, les autorités rwandaises n’ont pas publiquement dénoncé la persécution des Banyamulenge.

L’accession de Félix Tshisekedi au pouvoir en 2019 a encore complexifié la situation des populations banyamulenge. Durant les premières années de son mandat, Kigali est devenu un allié stratégique de Kinshasa, une proximité politique qui a duré jusqu’à la fin de l’année 2021.

À partir de fin 2021 et au début de 2022, la résurgence du M23 provoque une rupture brutale entre les deux capitales. Dans l’intervalle, les services de renseignement rwandais avaient entrepris diverses démarches pour rassurer une partie de la diaspora Banyamulenge, cherchant à reconstruire des passerelles politiques et symboliques.

Au lancement de la nouvelle offensive du M23, Kigali met en avant la persécution des Tutsis congolais, en n’évoquant que timidement les Banyamulenge. L’objectif était d’imposer une lecture unifiée : au Nord‑Kivu comme au Sud‑Kivu, tous devaient parler d’une seule voix : « nous sommes persécutés parce que nous sommes Tutsis ».

Note : forme de destruction de villages et maisons en territoire de Mwenga, collectivite Itombwe (crédit : Samugabo)

Cette approche s’est toutefois heurtée à la résistance d’une partie de la communauté Banyamulenge, qui refusait d’être associée aux rébellions soutenues par le Rwanda. Pour ces membres, la crainte était que ces mouvements armés servent avant tout les intérêts politiques, sécuritaires et économiques de Kigali, au détriment des aspirations réelles des Banyamulenge et de leur lutte pour la reconnaissance et la protection de leurs droits.

Ce n‘est que vers la fin de l’année 2024, que quelques personnes, issues de la communauté Banyamulenge, ont commencé à exprimer ouvertement leur soutien au M23. L’avancée de ce mouvement armé, marquée par la prise de villes importantes comme Goma et Bukavu, a conduit certains à le percevoir comme une force capable d’assurer leur protection. Le groupe armé Banyamulenge Twirwaneho est toutefois resté longtemps hésitant quant à une éventuelle alliance. Cette position a évolué après la mort de leur commandant, le colonel Michel Rukunda, dit Makanika, en février 2025.

La décision de son adjoint de rejoindre l’AFC-M23 apparaît ainsi comme l’aboutissement d’un processus progressif. Néanmoins, il convient de souligner que la méfiance demeure profonde entre les Banyamulenge intégrés à l’AFC-M23 et ce qui est perçu comme leurs soutiens ou « parrains » rwandais.

Par ailleurs, ce rapprochement, souvent interprété comme opportuniste, avec le Rwanda ne signifie pas que les combattants Banyamulenge sont prêts à s’allier avec Kinshasa. Ces combattants afficheraient une profonde méfiance vis-à-vis de Kinshasa à cause de ce qu’ils considèrent comme choix prémédité du régime de Tshisekedi de les abandonner au profit de groupes majoritaires.[14] En effet, celui-ci continue de s’appuyer sur certaines milices hostiles aux Banyamulenge, notamment au sein des groupes dits « Wazalendo ». Ces milices sont en première ligne dans les collines de la région de Minembwe, où elles mènent des opérations perçues par certains comme des expéditions punitives contre les populations civiles Banyamulenge, avec le soutien logistique des FARDC et leurs commandants.

4.    Gitega : Une implication croissante du Burundi

Depuis 2015, le Burundi et le Rwanda sont engagés dans une véritable guerre froide, marquée à la fois par des tensions interétatiques et par une guerre par procuration menée sur le territoire congolais. Depuis lors, chacun accuse l’autre de soutenir des groupes armés hostiles à son régime.

Soutenu par le Rwanda et actif dans les hauteurs d’Uvira, le mouvement RED‑Tabara représentait une menace directe pour le Burundi. Pour contrer cette présence rebelle sur le sol congolais, Bujumbura a tenté, entre 2016 et 2017, d’apporter un appui aux combattants du groupe dit “P5”, associés au général rwandais dissident Kayumba Nyamwasa. Environ une centaine de ces combattants se sont installés dans les zones de Bijabo, dans les Hauts Plateaux de Fizi, en s’adossant au groupe armé Gumino. Ce dernier, composé majoritairement de combattants banyamulenge, s’est longtemps opposé à l’instrumentalisation des difficultés rencontrées par leur communauté.

Bien que cette présence du P5 ait parfois été perçue comme un prétexte, elle a été régulièrement brandie par Kigali comme justification pour « punir les Banyamulenge » à travers les actions de RED‑Tabara. Cette lecture a contribué à alimenter la suspicion et la stigmatisation à l’égard de la communauté. À la fin de l’année 2018, le P5 finit par quitter les Hauts Plateaux et se retrouve piégé dans le territoire de Masisi, au Nord‑Kivu, marquant la fin de sa présence structurée dans le Sud‑Kivu.

La présence de Red-Tabara au Sud-Kivu est restée comme une menace pour le Burundi et le régime CNDD-FDD (Conseil National pour la Défense de la Démocratie), même après la mort du Président Pierre Nkurunziza.

L’armée burundaise est intervenue à plusieurs reprises dans les Hauts Plateaux afin de combattre les groupes rebelles burundais, notamment Red-Tabara et les Forces Nationales de Libération (FNL). Dans ce contexte, les groupes armés banyamulenge, en particulier Twirwaneho et Gumino, ont joué un rôle de facto de force tampon, en s’opposant à ces mouvements rebelles sur le territoire congolais, contribuant ainsi indirectement à la sécurité du Burundi.

À la suite de la rupture des relations entre Kinshasa et le Rwanda, la RDC a autorisé, en août 2022, le Burundi à intervenir officiellement dans le cadre d’une coopération militaire bilatérale. Entre 2022 et 2024, des unités de l’arme burundaise (FDNB) ont été déployées dans les Hauts Plateaux, y compris dans la région de Minembwe, sans susciter d’opposition majeure de la part des combattants banyamulenge.

Dans ce contexte, la FDNB a réussi à manœuvrer avec une certaine prudence au sein d’un environnement marqué par de fortes sensibilités sécuritaires, notamment le climat de méfiance entre les groupes armés Banyamulenge, les FARDC et les milices Wazalendo.

Face à la menace représentée par les rebelles liés au Rwanda, et profitant de l’accord de coopération militaire conclu entre les FARDC et la FDNB, l’armée burundaise s’est progressivement engagée dans la traque de ceux qu’elle considérait comme des alliés potentiels du Rwanda, notamment les combattants Twirwaneho après leur ralliement officiel à l’AFC‑M23. Opérant en étroite coordination avec les FARDC et les groupes Wazalendo, le Burundi est aujourd’hui accusé d’avoir joué un rôle direct dans les violences visant les civils banyamulenge depuis 2025.

Note : degré du blocus humanitaire. Le cercle rouge foncé indique la situation de 2024-25 comparativement à celle de 2026 (ligne jaune). Sur une trentaine des villages restés en 2019-2020, il en reste qu’une vingtaine à cause de la guerre et du blocus humanitaire. Ceux qui vivaient Mikenge ont été aussi obligés de fuir vers Minembwe.

Selon plusieurs témoignages et rapports, depuis février 2025 jusqu’à aujourd’hui, une coalition composée des FARDC, de la FDNB et des groupes Wazalendo a imposé un blocus humanitaire, restreignant l’accès à la nourriture et aux soins médicaux.[15] Cette situation a contribué à aggraver considérablement les conditions de vie des populations civiles dans les Hauts Plateaux, en particulier à Minembwe. Cette stratégie a considérablement aggravé la situation des populations civiles, déjà fragilisées par des années de violences et de déplacements forcés.

5.    Banyamulenge, victimes d’une rivalité régionale

Au-delà de ce contexte sécuritaire, les Banyamulenge sont fréquemment présentés comme des « étrangers » ou des « envahisseurs rwandais ». Cette rhétorique, largement diffusée dans certains discours politiques et communautaires, alimente des dynamiques de mobilisation tant politique que militaire, visant à expulser ceux qui sont perçus, à tort, comme des « occupants ».

Ce narratif a contribué à légitimer, dans certains cas, des attaques ciblées contre les populations banyamulenge, notamment de la part de milices locales alliées à divers acteurs régionaux. Dans le cadre de ce conflit qui s’étend sur près d’une décennie, les Banyamulenge apparaissent ainsi comme parmi les principales victimes d’une rivalité régionale complexe impliquant la République démocratique du Congo, le Rwanda et le Burundi.

Entre l’inaction observée, les actions politiciennes opportunistes – voire la complicité – de Kinshasa, les stratégies sécuritaires expansionnistes et les formes d’instrumentalisation attribuées à Kigali, ainsi que les interventions militaires de Gitega, la communauté Banyamulenge se retrouve prise au piège d’un conflit prolongé, complexe et multiforme.

Aujourd’hui, cette communauté est confrontée à une crise humanitaire majeure, caractérisée par des déplacements massifs de populations, la destruction de villages entiers et la perte des moyens de subsistance. Ces derniers mois, le conflit a également connu une évolution dans ses modes opératoires, avec un recours croissant à des technologies militaires modernes, notamment l’utilisation de drones.

Dans ce contexte, les tensions politiques entre les pays de la région des Grands Lacs ont contribué à transformer les Hauts Plateaux de Fizi, Mwenga et Uvira en un théâtre d’affrontements indirects. La question des responsabilités demeure ainsi centrale pour toute perspective de résolution durable de la crise.

Cette situation sécuritaire et humanitaire particulièrement préoccupante met en évidence la nécessité d’une approche régionale coordonnée, capable d’apporter des réponses à la fois au niveau local et provincial. Elle souligne également l’importance d’une implication internationale ferme et structurée afin de prévenir une aggravation des violences.

Dans cette optique, une coopération effective entre Kinshasa, Kigali et Gitega, sous l’égide de la communauté internationale et avec l’appui de médiateurs tels que les États-Unis, l’Union européenne, et le Qatar, apparaît essentielle pour mettre fin aux souffrances persistantes des Banyamulenge.

Enfin, il est crucial d’interroger et de déconstruire certaines narrations identitaires, notamment celles liées à la notion de « premiers occupants », qui contribuent à alimenter les tensions et l’instabilité dans l’est de la RDC.

Tant que ces discours exclusifs et parfois extrémistes perdureront, ils continueront d’alimenter les cycles de violence, d’alimenter la méfiance entre communautés et de compromettre les perspectives de coexistence pacifique entre les différentes communautés locales et régionales.


Auteurs : Delphin RUKUMBUZI NTANYOMA & Jean-Jacques WONDO OMANYUNDU

Delphin RUKUMBUZI NTANYOMA est chercheur affilié à l’Université de Leeds (Royaume-Uni). Il est titulaire d’un doctorat dans le domaine des conflits et Paix et ses recherches portent sur l’analyse des conflits violents au niveau micro et local au Nord-Kivu et au Sud-Kivu (RDC). Son intérêt vise à comprendre les motivations individuelles, de groupes et de communautés de s’enrôler ou non au sein des groupes armés ; le lien entre colonialisme, violences visant les minorités ethniques dans l’est de la RDC et dynamiques génocidaires.

Auteur de « Behind the Scenes », articles académiques, il est le fondateur du blog The Eastern Congo Tribune

Research Outputs & interviews

(2025) Under the shadow of violence: are the Banyamulenge experiencing a slow genocide? ; (2024) Radio Okapi online newspapers: Between media framing, conflict and peacebuilding ; (2023) The Banyamulenge: how a minority ethnic group in the DRC became the target of rebels – and its own government (The Conversation)—- (2022) Why the UN Fails to Prevent Mass Atrocities (with Sebahizi and Baseka) ; (2022) Expressive violence and the slow genocide of the Banyamulenge of South Kivu (with Helen Hintjens) ; (2021) Fieldnotes, Field Research, and Positionality of a “Contested-Native Researcher ; (2021) Democratic Republic of Congo: Rising Concern about the Banyamulenge’s Situation (Interview with US Holocaust Memorial Museum) ; (2021) Hate Speech and Genocide in Minembwe, D.R. Congo (with Thomas Shacklock) ; (2019) Behind the Scenes of the ‘Banyamulenge Military’.

Twitter: https://twitter.com/Delphino12


Jean-Jacques WONDO OMANYUNDU est diplômé de l’École Royale Militaire et breveté des Hautes études de sécurité et de défense de l’Institut royal supérieur de défense (Belgique). Il est détenteur d’une licence en criminologie de l’Université de Liège et d’un post-graduate en science politique – relations internationales de l’Université Libre de Bruxelles. Depuis plusieurs années, il travaille dans le secteur de la justice pénale en Belgique où il occupe la fonction de Directeur Adjoint au sein de l’Administration générale des Maisons de justice.

Jean-Jacques WONDO OMANYUNDU travaille également comme expert, consultant et chercheur freelance et associé avec plusieurs think-tanks et des organismes gouvernementaux et internationaux. dont le Groupe de recherche d’information sur la paix (Groupe de Recherche et d’Information sur la Paix et la Sécurité – GRIP – Belgique), l’Institut Royal des Relations Internationales (Insititut Egmont – Belgique), The Institute for Security Studies (ISS Africa – Afrique du Sud), Angola Research Network (ARN), l’Institut Français des Relations Internationales (IFRI), etc.

Jean-Jacques WONDO OMANYUNDU est auteur de trois ouvrages consacrés aux armées africaines et congolaises: Les Armées au Congo-Kinshasa. Radioscopie de la Force publique aux FARDC (2013) ; Les Forces armées de la RD Congo : Une armée irréformable ? (2014) ; L’essentiel de la Sociologie politique militaire africaine (Juillet 2019); Il a contribué à la co-écriture de The Handbook of African Defence and Armed Forces  publié le 1er Avril 2025 par Oxford University Press. C’est un ouvrage de référence sur l’état actuel et l’évolution des forces armées africaines, qui fournit la première analyse approfondie des politiques, des doctrines et des capacités stratégiques des Etats africains et de leurs armées.

Il a également rédigé plusieurs articles publiés principalement sur WWW.AFRIDESK.ORG, un site axé principalement sur les problématiques sécuritaires, géopolitiques et sociopolitiques de l’Afrique médiane.


Références bibliographiques

[1] Selon Tuzolana, les chercheurs et ethnographes belges divisaient souvent les populations congolaises selon des catégories linguistiques larges (Bantous, Soudanais, Nil-Hamites) qu’ils considéraient comme scientifiquement fondées, mai qui mélangeaient en réalité de manière confuse la langue parlée, les caractéristiques physionomiques observées, et l’origine géographique supposée des populations. Ce mélange troublant entre ethnographie descriptive et idéologie raciale de l’époque explique en grande partie pourquoi certains groupes furent systématiquement surreprésentés dans les documents officiels (bénéficiant d’une reconnaissance administrative complète), tandis que d’autres furent sous-représentés ou complètement ignorés.

[2] La tribu, au sens administratif colonial tel qu’il a été défini et appliqué au Congo belge, désignait une catégorie bureaucratique liée à un territoire, une langue et une autorité coutumière reconnue par le pouvoir colonial.

[3] L’ethnie, notion anthropologique plus large et plus souple, désigne un ensemble de personnes partageant une langue, une culture et des traditions communes, sans nécessairement être liées à un territoire unique ou à une structure administrative particulière.

[4] Le groupe social, qui peut être défini par le statut économique, l’activité professionnelle, la position dans la hiérarchie sociale ou l’histoire, plutôt que par des critères linguistiques ou territoriaux.

[5] La capitale politique du Burundi depuis 2018.

[6] Pour plus de details : Verweijen, Judith et al., (2021), “Mayhem in the Mountains: How Violent Conflict on the Hauts Plateaux of South Kivu Esclated.” Governance in Conflict Network: Ghent University, Ghent. https://www.gicnetwork.be/mayhem-in-the-mountains (page : 6-7); Nteziryayo, Innocent. (2023), “Persecution Against the Banyamulenge in DRC.” Genocide Watch, New Jersey. https://www.genocidewatch.com/single-post/report-on-anti-banyamulenge-attacks-in-dr-congo

[7] Pour plus de details : RFI [Radio France Internationale] (2019) ‘RDC: Minembwe assiégée, les raisons des violences sur les Hauts plateaux’, Radio France Internationale. accessible à: http://www.rfi.fr/afrique/20191025-rdc-raisons-violences-minembwe-kivu; Kleinfeld, P. (2019) ‘In eastern Congo, a local conflict flares as regional tensions rise’, The New Humanitarian, 28 October. Available at: https://www.thenewhumanitarian.org/news/2019/10/28/eastern-Congo-Kivu-conflict-regional-tensions.

[8] Pour plus de détails : Verweijen, Judith et al., (2021), “Mayhem in the Mountains: How Violent Conflict on the Hauts Plateaux of South Kivu Esclated.” Governance in Conflict Network: Ghent University, Ghent. https://www.gicnetwork.be/mayhem-in-the-mountains (page : 81); Ntanyoma, D. R. (2025) ‘Under the shadow of violence : are the Banyamulenge experiencing a slow genocide ?’, The International Journal of Human Rights, 29(7), (page–1308)

[9] Pour plus de details : KST (Kivu Security Tracker) (2020) A coalition of Mai-Mai groups launched a multi-axis offensive around Minembwe, Kivu Security Tracker: Congo Research Group/Human Rights Watch. Available at: https://twitter.com/KivuSecurity/status/1304083139334156289

[10] Pour plus de details : Actualite.cd (2023) ‘Les propos de Bitakwira inquiètent, l’UE saisit la ministre de la justice et le CSAC’, Actualite.cd. Available at: https://actualite.cd/2023/07/19/les-propos-de-bitakwira-inquietent-lue-saisit-la-ministre-de-la-justice-et-le-csac; et la vidéo de Gabriel Mokia (2021): https://x.com/jm_senga/status/1422620191326867463?s=20.

[11] Ce débat domine dans les discussions de Twitter Space et se rapproche de ce commentaire : « …. Ceux qui organisaient de tuerie à Minembwe sont soit leur partenaire (Red-tabara, M23, Ngumino, etc.) soit aux arrêts. Ils n’ont plus de raison valable. Ils doivent déposer les armes et confier cette mission aux FARDC ! » A lire ici : https://x.com/SparkRDC/status/2022054421237228016

[12] Stearns et al. (2013) ‘Banyamulenge: Insurgency and exclusion in the mountains of south kivu’, The Rift Valley Institute, pp. 1–64; Ntanyoma, D. R. (2019) Behind the Scenes of the ‘Banyamulenge Military’: Momentum, Myth, and Extinction. Paris: L’Harmattan.

[13] Jean-Jacques Wondo Omanyundu, Les Forces armées de la RDCD Congo : Une armée irréformable ?, 2015.

[14] Congo Research Group (2026) The M23: A Fractious, Entrenched Rebellion. Center on International Cooperation New York University. New York. Available at: https://cic.nyu.edu/resources/the-m23-a-fractious-entrenched-rebellion/.

[15] OCHA (2025) RD Congo : Accès humanitaire urgent dans les Hauts Plateaux de Fizi et Mwenga dans le Sud-Kivu. New York. Accessible à: https://reliefweb.int/report/democratic-republic-congo/rd-congo-acces-humanitaire-urgent-dans-les-hauts-plateaux-de-fizi-et-mwenga-dans-le-sud-kivu-le-24-novembre-2025; Leclercq, H. (2025) ‘RDC : Menacés par le blocus des troupes burundaises, les Banyamulenge des hauts plateaux se mobilisent’, La Libre Afrique. accessible à : https://afrique.lalibre.be/79849/rdc-menaces-par-le-blocus-des-troupes-burundaises-les-banyamulenge-des-hauts-plateaux-se-mobilisent/; Ntanyoma, D. R. (2026) ‘Minembwe: Au-Delà de l’Escalade Militaire, les communautés s’effondrent’, Eastern Congo Tribune. Accessible à: https://easterncongotribune.com/2026/04/03/minembwe-seffondre/.

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